Flygskam, une nouvelle tendance déco scandinave ?
- Xcentrip

- 31 janv. 2020
- 3 min de lecture

Au cours des deux dernières années, un mouvement anti vol connu sous le nom de «honte du vol » - ou flygskam, prononcer fligsham en suédois, à l'initiative du mouvement - a pris de l'ampleur en Europe mais aussi aux États-Unis.
Qu’est-ce que le flygskam ?

Ce terme parle de la culpabilité de prendre des vols à un moment où le monde doit réduire considérablement les émissions de gaz à effet de serre. L’avion, transport le plus utilisé notamment ces dernières décennies avec des prix très attractifs proposés par les compagnies aériennes - notamment les low-costs, est l’un des moyens les polluant, causant 5 % des émissions mondiale de gaz à effets de serre. Selon le Réseau Action Climat, ce chiffre devrait tripler en 2050, si nous n’agissons pas.
En soi, le phénomène consiste plutôt à se délecter des voyages lents et délibérés qui sont possibles sans l'aviation. L'un des choix évidents est le voyage en train, qui a un dixième des émissions de l'avion.
Le mouvement de la honte de l'aviation est apparu pour la première fois en 2017, lorsque le chanteur suédois Staffan Lindberg a annoncé sa décision d'arrêter de voler. Parmi les autres défenseurs des célébrités suédoises, la chanteuse d'opéra Malena Ernman, mère de Greta Thunberg, militante pour le climat.
L'idée a pris son essor en Suède : l’hashtag #jagstannarpåmarken, qui se traduit par #jerestesurterre, est devenu à la mode. Un compte Instagram appelant des célébrités faisant la promotion de voyages vers des destinations lointaines compte 60 000 abonnés. Les propres efforts de Thunberg pour éviter de voler ont encore rehaussé le profil du mouvement.
Faut-il arrêter de voler ou alors faut-il simplement changer nos habitudes ?
Les Suédois, toujours un “train” d’avance en ce qui concerne l’écologie, ont lancé une nouvelle tendance qui est le tågskryt (prononcer trog-skrut) ou encore “train brag” qui est de montrer également sur les réseaux sociaux une fierté de prendre le train.
Cette nouvelle tendance incite les voyageurs à montrer la fierté de voyager en train via les réseaux sociaux, de se donner bonne conscience et d’apprendre à apprécier le voyage d’une autre manière en pratiquant le “slow travel” qui est tout simplement de se délecter des magnifiques paysages et profiter du moment présent lors du voyage.
Et en France?

En France, le phénomène prend également de l’ampleur. La SNCF a enregistré un trafic record de 26 millions de passagers durant l’été 2019. Cette croissance de 7 % s’explique par une prise de conscience écologique de la part des Français et s’empare petit à petit le secteur aérien.
"Je crois que les gens font de plus en plus attention à leur décision par rapport à la planète. (…) Les gens sont cohérents, ils réclament plus d’écologie de la part des hommes et des femmes politique. Mais ils se disent : si moi personnellement, individuellement, je ne fais rien, et bien je suis en contradiction", avance Guillaume Pépy, la veille de son départ de SNCF.
Selon une enquête menée par Figaro en avril dernier, 59 % des Français seraient prêt à opter pour le train pour des raisons écologiques.
Toutefois, nos jeunes français - bien qu’ils sont conscient de la gravité de la situation actuelle en terme de climat - souhaiteraient continuer de voyager à l’autre bout du monde. Selon une étude Jam pour Allianz Travel, 90% des 18-25 ans déclarent voyager hors de la métropole. Cependant, ces expéditions sont également des moyens pour prendre conscience de l’état de notre planète. ⅓ d’entre eux justifient que ces voyages les engagent à être plus responsables une fois de retour.
Concernant le secteur de l’aviation, certains groupes tentent de trouver des solutions afin de retenir leurs passagers. Tel est le cas pour le groupe Aéroports de Paris (ADP) qui - depuis le début du mois - proposent à ses voyageurs de compenser leurs émissions de gaz à effets de serres en faisant des dons sur des bornes disposées dans certains de leurs terminaux. Ces dons seront reversés à des projets écologiques et solidaires (conservation de la forêt amazonienne ou bien l’accessibilité à l’eau potable au Malawi), dont ADP est en partenariat avec la fondation ClimateSeed.
Autre groupe, Air France mise sur une nouvelle flotte d’avions qui seront moins polluants, or selon les calculs de l'Adème, un Orly-Nice en avion c'est 86 kilos de CO2 équivalent par passager contre 2,1 en TGV.


Commentaires